30 janvier 2012
À quatre-vingts jours de l'élection présidentielle, la compétitivité et la croissance obsèdent le président de la République. Le modèle allemand lui inspire de jouer de la hausse de 1,6 point du taux standard de la TVA pour supprimer les cotisations de la branche famille sur les salaires jusqu'à plus de deux fois le Smic. Une sorte de révolution d'octobre puisque la mesure ne serait de toute façon pas applicable avant l'automne. C'est encore à Berlin qu'il puise le principe d'accords salaires contre emplois qu'il entend faire négocier au cas par cas dans les entreprises, et non dans les branches professionnelles. La durée légale du travail demeure. Les 35heures restent la norme, mais elles sont de nouveau pilonnées au nom de l'efficacité industrielle. Et c'est toujours le grand voisin d'Outre-Rhin qui lui sert de référence en matière d'apprentissage: les apprentis embauchés par les entreprises y sont deux fois plus nombreux que dans l'Hexagone. Le chef de l'État promet enfin de taxer de 2% de CSG les revenus du patrimoine, manière de rappeler que l'univers de la finance reste dans le collimateur. Il a entendu les appels de la Fondation Abbé Pierre et s'engage sur une spectaculaire réforme des règles d'urbanisme pour doper la construction de logements dans un pays où les loyers et les prix flambent. Coût du travail, compétitivité, 35heures, fiscalité financière, logement: un va-tout politique avec l'Allemagne triomphante pour modèle.