20 mars 2010
Qu'attendez-vous du Cap Finistère?
«Il nous permet d'accroître notre offre vers l'Espagne et d'attirer une clientèle plus importante de passagers et de professionnels du transport routier. Nous mettons à la disposition de ces passagers un hôtel quatre étoiles sur la mer, l'accueil à la française en prime. Avec le Cap Finistère, le Pont-Aven et le Cotentin, nous allons proposer au total cinq allers-retours par semaine entre la France et Santander. Le Cap Finistère assurera également trois allers-retours entre Cherbourg et Porstmouth, en complément des Normandie Express, Cotentin et Condor Vitesse».
Pourquoi ce renforcement des lignes vers l'Espagne?
«Parce que c'est un marché qui évolue positivement, contrairement à celui du Transmanche. Le marché transmanche, tunnel compris, a perdu 13millions de passagers en dix ans. Quant à l'activité fret, elle a vu sa croissance stoppée en 2009 en raison de la crise. Entre Roscoff et Dunkerque, ce sont 770.000 poids lourds qui se sont volatilisés en l'espace de 12 mois. L'Espagne est la destination de vacances préférée des Britanniques. Depuis 2002, elle a détrôné la France. Pour attirer cette clientèle sur son territoire, l'Etat espagnol fait beaucoup de promotions et de communication outre-Manche. Il y consacre des budgets de plus en plus importants. En France, c'est le contraire. Pour autant, il ne faut pas croire que Brittany Ferries tourne le dos aux régions traditionnelles qu'elle dessert. Les liaisons au départ de Roscoff, Saint-Malo et des ports normands demeurent le socle de notre activité. D'ailleurs, notre compagnie dépense 10millions d'euros chaque année pour promouvoir la Bretagne et les autres régions du grand Ouest auprès des Britanniques».
Quelles sont vos ambitions pour le marché espagnol?
«Avec l'ensemble de nos navires, nous tablons sur un objectif de 250.000 passagers d'ici 2012 (contre 166.000 actuellement). Côté fret, nous espérons transporter 25.000 poids lourds en 2010 (contre 11.000 actuellement) avec l'ambition d'atteindre le chiffre de 40.000 en 2012. C'est autant de camions qui n'emprunteront pas le réseau routier français. C'est une autoroute de la mer mais qui ne veut pas dire son nom. Comme elle n'entre pas dans les critères des dispositifs européens, nous ne percevons pas de subventions».
Etes-vous toujours candidat à la reprise de Sea France?
«Oui, le sujet est toujours d'actualité. Pour Brittany Ferries, cela permettrait d'être présent sur le détroit du Pas-de-Calais et de pouvoir desservir les régions de l'Est de la France et surtout Paris, une destination plébiscitée par les Britanniques». 81,5MEUR le ferry Le Cap Finistère (ex-Superfast V) a été acheté à l'armateur grec Attica pour 81,5millions d'euros. Construit en 2001, c'est le plus long, le plus puissant et le plus rapide des ferries de croisière de Brittany Ferries. A titre de comparaison, le Pont-Aven, acheté neuf, avait coûté 165millions d'euros.
23 février 2012 à 09h13

23 février 2012

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