27 janvier 2012 - 1 réactions
«La journée a été active.» Un peu plus de 17h, hier, au siège administratif du groupe Stalaven, à Saint-Brieuc. Pierre Couderc, le directeur général de la coopérative agricole Euralis, qui détient aujourd'hui 96% des parts de Stalaven, reçoit la presse, après une journée entière passée en comité d'entreprise avec les représentants du personnel. Et confirme les rumeurs qui annonçaient, ces derniers jours, les fermetures de deux usines Stalaven dans le département. Des fermetures qui vont concerner les sites de Saint-Brieuc (jambons et charcuteries fines, 78 salariés) et Saint-Agathon (atelier salades, 39salariés). «Notre projet est de regrouper nos trois sites costarmoricains sur celui d'Yffiniac, annonce le Dg d'Euralis. C'est un projet sans licenciements et qui comprend un investissement global de 7M€.»
Plus que dix mois pour Saint-Agathon
Sept millions d'euros qui permettront «d'agrandir le site d'Yffiniac pour y accueillir les productions de jambons et de charcuteries fines du site de Saint-Brieuc, et l'atelier salades de Saint-Agathon». La fermeture de l'usine de Saint-Agathon interviendra très vite: dès novembre2012. «Des postes similaires à ceux qu'ils occupent aujourd'hui seront proposés aux salariés, à Yffiniac», promet Pierre Couderc. En regroupant ses activités production de salades à Yffiniac, Stalaven vise un regain de compétitivité sur «un marché en relative stagnation et qui a connu un coup de frein sensible sur le deuxième semestre 2011». Quid de l'usine quasi neuve de Saint-Agathon (elle date de 2007)? «Nous espérons trouver des repreneurs pour ce site.» Des contacts auraient été pris. «Mais nous n'en sommes encore qu'au stade préliminaire», précise Pierre Couderc. L'usine de Saint-Brieuc, quant à elle, fermera courant 2014, avec un transfert de ses activités à Yffiniac au cours du second semestre. Site historique de Stalaven, cette usine, construite dans les années 60, sera dépassée d'ici à deux ans. «Et sa mise aux normes aurait nécessité un investissement de 5M€», signale Pierre Couderc. Le choix a donc été fait de tout regrouper à Yffiniac. Le tout pour «une meilleure efficacité, sur un site qui nous offrira une solidité et une compétitivité renouvelées».
De la casse dans le Loiret et la Somme
Et ce, en sauvegardant l'emploi des trois sites costarmoricains, annonce le girecteur général. Un soulagement pour les salariés. «Même si ceux de Saint-Agathon ne vont pas crier de joie, nuance Michel Humo, délégué CFDT. Certains ont construit ou acheter là-bas. Les faire revenir à Yffiniac ne sera pas forcément simple.» Par ailleurs, leur rapatriement se fera sous la condition d'un accord d'entreprise sur le temps de travail. «En l'absence d'accord, 26 postes seraient supprimés», annonce Euralis. Reste que, dans les Côtes-d'Armor, les salariés s'estimaient plutôt veinards hier soir. Car, selon nos informations, le plan de restructuration mis en place par Euralis prévoit de supprimer près de 90 postes dans ses usines du Loiret et de la Somme...

19 mai 2012