Point de vue. Un Sarkozy très offensif à Marseille
Devant plus de 10.000 partisans survoltés, Nicolas Sarkozy a pris un ton très offensif, hier, lors de son premier grand meeting de campagne, à Marseille. Sans le nommer, le président-candidat s'en est pris à François Hollande qu'il a accusé de ne pas «aimer la France».
«Une surprise par jour», avait annoncé Nicolas Sarkozy, conquérant. La surprise, hier à Marseille où il tenait son premier meeting géant, ce ne fut pas l'annonce de nouvelles réformes - à part la réduction du nombre de parlementaires, glissée en passant, comme pour la tester. Pas non plus l'annonce de futurs référendums dans le domaine social même si le président-candidat a renouvelé sa charge contre les «corps intermédiaires» (syndicats) qui s'opposeraient à toute flexibilité. Pas davantage l'amour de la France, proclamé une quarantaine de fois, avec une tonalité charnelle très mitterrandienne: «Enfant, j'aimais son ciel, ses chansons, ses villes, sa façon très particulière d'aligner les arbres...».Pas, enfin, la quadrilogie Courage, Vérité, Responsabilité, Autorité, lancée, voilà un mois, lors d'un hommage à Michel Debré, l'ancien Premier ministre du Général de Gaulle.
Habileté
Ces thèmes, développés l'autre samedi dans Le Figaro Magazine, Nicolas Sarkozy les a repris mercredi sur TF1 et jeudi à Annecy. La surprise, ce fut plutôt la vigueur de la charge personnelle contre François Hollande, l'adversaire auquel il pense tous les matins en se rasant, sans jamais le nommer. Jean-François Copé, le patron de l'UMP, avait donné le ton: «Ses propres amis le disent normal, habile, parfois drôle, mais jamais courageux!». Reprenant l'accusation lancée à Annecy («il ment matin et soir!»), Sarkozy enfonçait le clou pour la plus grande joie de ses partisans : «Où est la vérité quand on fait semblant d'être Thatcher à Londres et Mitterrand à Paris? Et quand on annonce, un jour, la fin du quotient familial et le lendemain, le contraire?».
Professionnalisme
Rien que du très calculé, par un grand professionnel qui a programmé, étape après étape, et mot après mot, sa montée en puissance. Mais ce qui pouvait échapper aux plans, en dépit d'une puissante organisation et d'une armée de militants, c'était l'affluence. Et l'ambiance. Or, sous le soleil retrouvé de la Méditerranée, le «peuple de droite» était au rendez-vous. Enthousiaste aussi. Combien étaient-ils? Quinze mille? Un bon millier, en tout cas, avait dû rester dehors, devant de grands écrans. J'étais parmi eux et j'entendais autour de moi: «Enfin! Enfin, le moment que nous attendions! Nous avons retrouvé notre candidat de 2007!».
Bain de jouvence
Marseille, en somme, aura été le Bourget de Sarkozy: le bain de jouvence et d'amour nécessaire pour partir au combat. Les deux champions sont prêts. Ils ont déjà réussi à affaiblir ou décourager les petits ou moyens candidats. Leur reste à résoudre la quadrature du cercle: comment réduire la dépense publique en augmentant le pouvoir d'achat et en créant des emplois?
3 réactions
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diogène 29
voilà qui laisse Béard
C'est l'espérance folle
Qui nous console
De tomber du nid....
S'élève l'espérance
Dans le silence
Soudain de la nuit
Et les matins qui chantent
Déjà enchantent
Nos soirs d'aujourd'hui...
Si les larmes t'ont fait du bien
Ce sourire est déjà le lien
Avec les beaux jours qui viennent
Reviennent
La mort c'est une blague
La même vague
Nous baigne toujours
Et cet oiseau qui passe
Porte la trace
D'étranges amours...
Viens
C'est la fête en semaine viens
Je t'attends tu le sais plus rien
Plus rien ne nous sépare viens
Viens...
C'est l'espérance folle
Qui danse et vole
Au dessus des toits
Des maisons et des places
La terre est basse
Je vole avec toi
Tout est gagné d'avance
Je recommence
Je grimpe pieds nus
Au sommet des montagnes
Mâts de cocagne
Des cieux inconnus.
Bon, on verra bien....
Ajouté le 20 février 2012 à 10h33
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Jacobin75
la superficialité et le fond
Voilà donc le récit d'une réunion de campagne électorale à Marseille.
Cependant, on reste sur sa faim en ce qui concerne le fond. Où étaient les idées ? Où est le programme ? Où est le bilan ? Les attaques personnelles, l'agitation et les moqueries effectués par N. Sarkozy sont le signe que le candidat sortant est en situation de faiblesse ; on le savait déjà, et l'absence totale de paroles concernant son bilan, l'absence totale de programme, c'est sans doute ça qui était le plus remarquable !
... les paroles agressives du candidat Sarkozy ne sont pas un substitut pour des idées et pour un programme politique.
Le président sortant refuse de faire état de son bilan car il sait qu'il est catastrophique sur tous les plans.
Le candidat socialiste, par contre, objet de toutes les moqueries et livré à la vindicte populaire devant un parterre acquis d'avance, lui, il a, au moins, 60 points précis de programmes à présenter, il faut le rappeler...!
L'agitation d'un meeting, la musique pompeuse et tonitruante, des couleurs vives qui rappellent étrangement un plateau de TF1, cette ambiance artificielle à l'américaine, et surtout, par-dessus tout, l'absence de message profond pour notre pays, voilà surtout ce que l'on peut retenir de cette réunion, et c'est bien maigre... Mais il est vrai qu'à Marseille, avec une toute petite sardine, on peut arriver à boucher l'entrée du port !
Ajouté le 20 février 2012 à 10h37
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melo87
Pardonnez nos offenses.
Monsieur le Président,ne peut vraiment pas faire mieux que de se lancer dans une offensive anti Hollandiste sévère pour tenter de rattraper son retard sur lui .
Le seul probléme,et pas des moindres ,c'est qu'il n'a pas grand chose a reprocher d'un adversaire qui n'a jamais été aux affaires,et donc le voila bien en terre vierge d'un concurrent qui lui au contraire a tout a reprocher au président en exercice depuis 5 ans,et qui doit gouverner le pays,alors que lui,François Hollande,tapis dans l'ombre se préparait assidument depuis 2007 a l'affronter .
Sarko donc est manifestement contraint a s'en prendre au passé du Parti,du PS donc,plutôt qu'au candidat Hollande lui-même, qui a toutes les cartes en mains pour enfoncer dans l'offensive le Président sortant ,avec l'embarras du choix des mauvais choix d'un bilan peu reluisant que l'on sait.
Dans ce bras bras fer ,c'est sur qu'il ne faudra pas pour Sarkozy être mou du genoux en passant a l'offensive sans ménagement.
Ajouté le 20 février 2012 à 11h28
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