16 février 2012 - 1 réactions
Qu'a dit Christian Vanneste?
Dans une vidéo diffusée sur le site www.libertepolitique.com, datée du 10février, le député du Nord a déclaré: «Il y a la fameuse légende de la déportation des homosexuels». «En Allemagne, il y a eu une répression et déportation, mais il n'y en a pas eu ailleurs (...). En dehors des trois départements annexés, il n'y a pas eu de déportation homosexuelle en France», a-t-il affirmé. «Si on me prouve qu'ils sont inexacts, je les retirerai et je m'en excuserai», a-t-il dit par la suite, déplorant que l'UMP «subisse l'influence» de «la puissance médiatique extraordinaire du lobby gay».
Que disent les historiens?
Selon l'historien Mickael Bertrand, 62 Français ont été déportés pour homosexualité, dont 22 arrêtés en Alsace-Moselle, 32 au sein du Reich, un dans un lieu indéterminé et sept en zone occupée. Mais Christian Vanneste a reçu l'appui inattendu du président de l'Association des fils et filles de déportés juifs de France, Serge Klarsfeld, pour qui, à sa connaissance, il n'y a pas eu «d'homosexuel déporté de France».
Quelles sont les précédentes déclarations controversées de Christian Vanneste?
En 2005, il avait déclaré que «l'homosexualité est une menace pour la survie de l'humanité». En octobre2010, il avait provoqué un tollé en prônant une «droite large», regroupant le centre, l'UMP mais aussi le Front national (FN).
Quelle a été la réaction de l'UMP?
Déjà accusé d'homophobie à plusieurs reprises, ChristianVanneste va être exclu du parti présidentiel et perdre son investiture aux législatives dans sa circonscription, la 10e du Nord. Hier, le bureau politique de l'UMP, «à l'unanimité, a condamné avec la plus grande force ces propos inacceptables, profondément choquants et intolérables», a annoncé le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé.
Quelles ont été les réactions dans les autres partis?
Delphine Batho, porte-parole de FrançoisHollande, a dénoncé des propos «non seulement homophobes mais négationnistes». «Il faut que M.Vanneste relise ses livres d'histoire. Pour le coup, c'est une vraie bêtise», a déclaré Louis Aliot (FN). Pour Yann Wehrling (MoDem), «la responsabilité de ce climat délétère est à rechercher dans les propos du président de la République lui-même (...). Sa mise à l'index des homosexuels libère les paroles».