22 février 2012
Alors que certains à l'UMP voulaient la croire possible dès le scrutin de juin, le gouvernement a renvoyé à l'après-2012 la proposition de Nicolas Sarkozy d'instiller une dose de proportionnelle aux législatives. Interpellé par le PS à l'Assemblée, le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, a été catégorique: les législatives des 10 et 17juin prochains se feront «en application des textes actuels», à savoir le scrutin uninominal majoritaire à deux tours. Au mieux, la proportionnelle ne pourra donc s'envisager que pour les législatives de 2017 ou au cours du quinquennat, en cas d'élections anticipées. «Rassurez-vous, nous ne sommes pas la gauche, et ce n'est pas, comme en 1986, quelques mois avant les législatives, que nous allons modifier la règle», a lancé Claude Guéant. Allusion à la décision de François Mitterrand de faire alors élire les députés à la proportionnelle afin d'atténuer la défaite annoncée pour la gauche. C'est la seule et unique fois sous la VeRépublique que la proportionnelle a été appliquée aux législatives. Le Front National avait alors eu 35 élus. Le sujet a rebondi, hier, avec l'initiative de deux députés UMP membres de la Droite populaire, l'aile droite du parti présidentiel, souvent accusée de courir après le FN. Richard Mallié et Philippe Meunier ont déposé une proposition de loi afin de permettre, dès juin, l'élection à la proportionnelle de 40 des 577 députés. Une initiative vertement critiquée à l'UMP. «Non!» leur a immédiatement rétorqué le président de l'Assemblée, Bernard Accoyer: «On ne change pas de mode de scrutin au pied levé, c'est totalement impossible, inimaginable».