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Typographie. Un caractère bien breton

20 février 2012 - 8 réactions

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Après des années de maturation, le graphiste de Locronan (29) FanchLe Hénaff vient de mettre en ligne une nouvelle police de caractère. Brito revendique une identité «celtique» épurée, résolument contemporaine et utilisable sur tous types de supports.

En décembre dernier, à Rennes, Fanch Le Hénaff a présenté la première série de caractères typographiques créée en Bretagne. Le Brito propose 275signes créés un à un, dans le même esprit. L'outil présente l'originalité de proposer des caractères spéciaux propres à certaines langues dont, évidemment, les langues gaéliques et brittoniques. Ce travail, aujourd'hui disponible, est l'aboutissement d'une quinzaine d'années de recherche. «En tant que graphiste, je m'intéresse aux rapports entre les lettres, les signes et les images, explique Fanch, dont les affiches ont balisé l'histoire culturelle bretonne contemporaine. Il y a une interrogation permanente sur le choix des caractères dans la composition».

Typographie et identité

Le créateur brittophone s'est naturellement demandé s'il y avait une relation entre typographie et identité. «Peut-on parler de typographie bretonne, française, anglaise ou pas?». «J'avais, bien sûr, l'idée que le graphisme est un vecteur de l'identité bretonne car l'homme fabrique des signes pour garder une trace de son passage». Fanch Le Hénaff multiplie les recherches historiques, s'imprègne des signes sculptés dans la pierre, des manuscrits des scribes irlandais du Moyen Âge. Il aboutit aux recherches les plus récentes, dans les années 1930, par la mouvance des SeizBreur, prolongée jusqu'à aujourd'hui par un Toulhoat. Il décide de reprendre le chantier en créant une police de caractère dans cette lignée.

«Fonctionnel et contemporain»

«Je ne voulais pas tomber dans le néo-celtique mais créer un caractère fonctionnel et contemporain. C'est aussi pour cela que j'ai choisi de donner le nom de Brito, en hommage à Jan Brito(1417-1484), de Pipriac (35), près de Rennes. Il fut un des pionniers de la typographie bretonne et fit sa carrière à Bruges (Belgique). C'était un esprit novateur, résolument européen. Cela me parle car j'ai fait des études en Pologne et je me sens profondément européen». Dès 1997, Fanch utilise ses premiers caractères pour des affiches, la signalétique publique. Au fil des projets, le dessin s'affine, se précise. Le style du Locronanais s'affirme dans le paysage, les sollicitations pour utiliser son Brito se multiplient. L'an passé, il a lancé le grand chantier de la numérisation. Le travail sera énorme. Fanch s'entoure de deux jeunes graphistes, Yoan De Broeck et Malou Verlomme. À eux trois, ils vont tout remettre à plat et systématiser l'application du Brito. «Il fallait le stabiliser dans une forme définitive», dit Fanch. J'avais 120 signes, on a étendu l'application à 275caractères». Le Brito compte des signes spécifiques aux langues celtiques. Les c'h, zh, gw bretons, le ff gallois ont été traités comme des caractères spécifiques. L'opération s'est poursuivie sur l'allemand, le polonais...

Un motif récurrent

Mais quelle est l'identité du Brito? «Il y a une petite pointe récurrente sur chaque lettre, explique Fanch. Je l'ai identifiée dans l'écriture celtique ancienne, comme la trace de la plume du scribe. J'en ai fait un motif récurrent. Mais le Brito est parfaitement adapté aux contraintes de lisibilité d'aujourd'hui, sur tous supports, imprimés et numérique». La dernière étape a consisté à basculer l'outil sur informatique pour qu'il soit téléchargeable. «J'ai finalement bien fait d'attendre quinze ans car, aujourd'hui, la technologie permet ce transfert», explique Fanch. En décembre, Brito a été mis en vente en ligne. Dans l'immédiat, il a été utilisé pour des titres ou des petits textes. Fanch doit encore proposer plusieurs graisses de caractères complémentaires pour une utilisation en texte. [TIT-NOTE_B]Contact [/TIT-NOTE_B]

fanch.blaustudio@wanadoo.fr; www.skritur.eu

  • Ronan Larvor
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8 réactions

  • marin breizhoù
    tite question
    Jacobin75 (quel beau pseudonyme entre nous) breton ET européen ne peuvent aller ensemble?
    Ajouté le 20 février 2012 à 12h45
  • alain.mafart
    Vive les polices libres.
    Pourquoi n'avoir pas fait une police libre ou du moins libre à un usage pour le particulier. et les associations excluant de fait l'usage publicitaire commercial. L'écriture comme la langue bretonne doivent vivre pour chacun et non pour l'élite bobo bretonnante. C'est aussi cela l'esprit Breton
    Ajouté le 20 février 2012 à 18h16
  • Jacobin75
    Breton, oui, mais en bon argent européen....
    Pour utiliser cette police, il faut payer 40 euros.... on peut aussi payer en argent breton ?
    Ajouté le 20 février 2012 à 08h42
  • Lulopa29
    Question de prix !
    Tout travail mérite salaire, mais un prix plus abordable (20EUR) a potentiellement plus de chance d'attirer du monde que 40EUR ? That's the question !
    Ajouté le 22 février 2012 à 06h52
  • botul
    et le Québec...?
    @alain.mafart : ce sont les élites "bobo" gallicisantes qui sont à l'origine du déclin de la langue bretonne il y a déjà quelques lustres ...alors c'est peut-être grâce aux élites bobos bretonnantes, et par un juste retour des choses, que le phoénix renaitra de ses cendres, kto znaiet ? ;-)))
    Ajouté le 20 février 2012 à 23h11
  • botul
    qu'est-ce que ...
    je disais? ;-)))
    Ajouté le 20 février 2012 à 12h50
  • botul
    c'est rien que...
    ...pour faire enrager jacobin75 ;-))
    Ajouté le 20 février 2012 à 09h39
  • Tad Heol
    aussi...
    ...pour faire enrager jacobin 75: en Bretagne on utilise l'euro mais vous pouvez bien sûr faire votre chèque en breton, mar plij :))
    Ajouté le 20 février 2012 à 13h40

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