15 février 2012
9h30, hier matin. Les délégations de syndicats enseignants, parents d'élèves et élus territoriaux ont rendez-vous avec le préfet et le directeur d'académie pour le CDEN (Conseil départemental de l'Éducation nationale). C'est à l'issue de cette réunion consultative que Pierre Benaych doit décider de la carte scolaire du premier degré. Mais point de préfet ou de représentant du préfet. La séance est alors suspendue par les syndicats au bout de 45 minutes. Cinq minutes plus tard, ils quittent la salle Jean-Moulin en guise de protestation.
«L'État insulte nos institutions»
«C'est la première fois que cela arrive, lâche, scandalisé, RenéRégnault. L'État insulte le fonctionnement de nos institutions». À la sortie du CDEN, le président de l'association des maires des Côtes-d'Armor ne mâche pas ses mots pour stigmatiser l'absence du préfet ou d'un représentant de la préfecture. Le préfet absent, c'est tout sauf une surprise: le département des Côtes-d'Armor attend l'arrivée de celui qui doit remplacer RémiThuau. Quant à Philippe de Gestas, le secrétaire général, il était en réunion, un étage en dessous. La position de la préfecture sur le sujet est clair: Pierre Benaych, directeur d'académie, présent au CDEN, représentait l'État. Les syndicats enseignants, des parents d'élèves mais aussi les élus, ont tous condamné cette absence qui, pourtant, est loin d'être une exception. Au contraire. «C'est rarissime qu'un préfet, de même qu'un président du conseil général, soit présent à un CDEN, explique Pierre Benaych. D'ailleurs, le préfet n'a aucune compétence en matière éducative». Alors si la forme a pris le pas sur le fond, la suppression des 48 postes est quand même revenue à la surface. «Nous réclamons la restitution des 48 postes supprimés pour la rentrée des classes 2012», déclare Marylène Le Maux, secrétaire de la FSU. Quelques heures plus tard, loin des polémiques sur la forme, Pierre Benaych rend son verdict. Il y aura bien 48 postes d'enseignants en moins à la rentrée prochaine. «La situation n'est pas facile et cette décision est vécue comme quelque chose de brutal», reconnaît le directeur d'académie.
18 mai 2012 à 18h55
19 mai 2012