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Droite. «Nous creusons notre sillon»

21 février 2012 - 2 réactions

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Défaites en série, déficit decrédibilité etd'image, concurrences d'ambition... Ladroite semble encore loin d'être en mesure derevenir aux affaires à Brest. Son leader depuis 2008, Laurent Prunier y croit pourtant et répond à nos questions, sans esquiver celles qui fâchent.



Au vu de vos différents scores électoraux depuis 15ans, la question se pose: la droite brestoise est-elle condamnée à la défaite?
Non, certainement pas. Même sil'âge d'or de la droite à Brest remonte aux années Lombard et que depuis, nous n'avons connu que l'élection de Jacques Berthelot à la mairie, en 1983 ? immédiatement suivie d'une crise municipale ? et celle de Bertrand Cousin aux législatives de 1993. Notre meilleur résultat, finalement, en 15ans, c'est le score de la liste Marzin au second tour des municipales de 2001...

Soit pas plus de 42,5%...
Oui, parce qu'il n'avait pu faire l'union autour de lui. Depuis 2008, même si ça ne se voit pas, nous avons fait l'unité entre les parties urbaine et rurale de Brest et réuni tous les partis de droite. Les guérillas internes, c'est fini et ça finira par porter ses fruits.

Tout de même, l'opposition, àla longue, ça doit permettre de se refaire une santé. Or, alors que vous vous y trouvez depuis 23ans, vous ne cessez de perdre des électeurs... Jamais découragé?
Non, mais je suis conscient de cela. C'est largement de notre faute. Nous avons mis trop de temps à faire le ménage... Il est vrai aussi que depuis Chirac, pratiquement toutes les élections intermédiaires en France ont été gagnées par la gauche...

«Il n'y a pas de vraie opposition dans cette ville». J'imagine que vous avez déjà entendu ça...
Ou que nous ne sommes qu'une oppositionnégative et qui ne propose rien. Si les gens assistaient aux conseils, ils y verraient de vraies passes d'armes. C'est pour ça que jevais demander que les conseils municipaux et communautaires soient diffusés sur Internet. Ça pourrait changer la perception des gens. On s'oppose mais on ne fait pas que ça. Par exemple, nous avons fait des propositions précises sur les Capucins. Nous sommes une veille. Sinous sommes élus en 2014, nous ne reviendrons pas sur le tram et nous ferons peut-être même la deuxième ligne mais, contrairement à la majorité, en tenant compte de nos possibilités financières. Nous réagissons sur les engagements que la majorité Cuillandre n'a pas tenus, comme sur le Zénith ou le Grand stade. Mais nous votons 90% au moins des délibérations. D'ailleurs, nous avons approuvé le projet de téléphérique entre Siam et les Capucins, parce qu'il est ingénieux et qu'il coûtera moins cher qu'un pont. Le problème, c'est que Cuillandre l'amal vendu en le sortant de son chapeau sans consulter personne...

Vous faites figure de leader de la droite à Brest mais le fait de ne vivre que de la politiquenevous handicape-t-il pas? Au plan national, çapeut s'envisager mais au plan local, ça ne pose pas un problème de crédibilité?
Je suis un pur produit du militantisme. Je ne le renie pas. En plus, jesuis le plus jeune chef d'opposition UMP d'une ville de cette taille et peut-être même le plus jeune président d'une fédération UMP. J'aichoisi de ne pas faire les choses à moitié, alors que j'aurais pu faire du droit ou de l'immobilier. Je travaille 80heures par semaine et jen'ai pas pris de vacances depuis cinq ans. L'action politique est un gros bouffe-temps professionnel et personnel... Mais je sais qu'à terme, ça paiera. Avec mon équipe, nous creusons notre sillon.

Même si Stéphane Roudaut aquitté Fortuné Pellicano pour vous rejoindre, ce dernier n'est-il pas toujours une épine dans votre flanc?
Ou un caillou dans notre chaussure (rires)? Ce pourrait être vrai si Fortuné Pellicano n'avait pas changé son positionnement depuis les municipales de 2008, jusqu'à vouloir se faire passer pour un opposant historique à Sarkozy... Est-ce que les Brestois savent qu'il exerce des responsabilités auprès de François Cuillandre àl'international (*) et qu'il a, de fait, rejoint la majorité de gauche? La réalité, c'est qu'il est isolé. Lamajorité de ses troupes est désormais avec nous. Autre cas: leMoDem. Est-il un mouvement d'opposition? Si c'est le cas, nous saurons lui faire de la place...

Aux législatives de juin, sur Brest-ville, deux candidats de votre groupe devraient être présents: Marc Berthelot, déjà lancé, et soit Catherine Uguen, soit vous-même. Difficile dans ce cas de parler d'opposition «unie»...
La majorité ne compte que pour un seul groupe. Pour la droite et le centre, c'est pareil. Je ne peux pas empêcher certains de tenter leur chance. Christine Boutin a besoin de présenter des candidats pour que son parti bénéficie de subventions... Catherine Huguen est une élue impliquée dans ses dossiers notamment sur les appels d'offres. Et c'est une tête nouvelle qui représente le Nouveau centre avec lequel nous avons un accord, même s'ilnefaut pas se méprendre: l'UMP reste le parti principal et les autres des accompagnateurs...

Que reprochez-vous principalement à l'action de François Cuillandre?
Ses méthodes de travail, de plus en plus en solitaires. Son absence de vision économique. Son habitude detout rejeter sur le gouvernement, même si ça ne durera peut-être pas (sourire)... Et son absence de clairvoyance, en tant que maire, sur la sécurité. J'en ai discuté avec des policiers, effondrés par son mélange de naïveté et de dogmatisme en la matière...

Conduirez-vous la liste de droite aux municipales?
Oui, mais nous sommes toute une équipe, avec Stéphane Roudaut, qui incarne le sérieux, Renaud Le Floc'h, la ténacité, Sophie Mével, la compétence, François Derrien, l'expérience, Marie-Annaïck Moal, la visibilité... Je ne suis pas seul!

(*) Depuis 2008, il est chargé d'une mission aux relations internationales de BMO, sous la responsabilité de Dominique Cap, maire de Plougastel-Daoulas et vice-président de la communauté urbaine.

  • Propos recueillis par Patrice Le Berre

Laurent Prunier

À 34 ans, Laurent Prunier préside l'Union de la droite et du centre, principal groupe d'élus d'opposition. Juriste de formation, il a la confiance des instances parisiennes de l'UMP pour redonner les couleurs à la droite dans la ville. Principales fragilités: son franc-parler ne lui vaut pas que des amis dans son propre camp et il ne s'est encore jamais présenté à une élection en son nom propre. Il n'est pas parvenu non plus à empêcher une primaire aux prochaines législatives sur Brest.

Catherine Huguen

Co-présidente du Nouveau centre dans le Finistère, Catherine Huguen, attachée administrative, siège parmi les élus brestois depuis 2008. À54ans, elle semble en bonne position pour décrocher l'investiture commune UMP-NC aux législatives de juin2012 sur Brest-ville. Points faibles: de rares prises de position qui ne lui assurent qu'une faible notoriété et sa discrétion lors des conseils où (de mémoire) elle n'est guère intervenue qu'une ou deux fois en quatre ans de mandat...

Renaud Le Floc'h

Impatient de s'imposer (la députée de Brest-rural Marguerite Lamour se méfierait de ses ambitions...), l'UMP Renaud Le Floc'h est cadre bancaire. À 33ans, il aime souligner qu'il a obtenu le meilleur score de la droite à Brest lors de sa candidature, en 2011, sur Recouvrance. Ses adversaires de gauche ont mis en cause, à l'époque, ses méthodes de campagne et plus d'un persifle qu'il ne doit son siège d'élu qu'à sa situation de fils de l'ex-conseiller général de Saint-Pierre Marcel Le Floc'h...

Stéphane Roudaut

Transfuge de la liste de droite «indépendante» conduite par Fortuné Pellicano en 2008, l'UMP Stéphane Roudaut a rejoint l'UDC en mai2011. Cedirecteur de cabinet de 34 ans nesecache pas d'avoir certaines ambitions sur Gouesnou, commune où ilétait candidat aux cantonales de 2011. Désormais en froid avec son ancienne tête de liste, il lui reste àconquérir les militants de l'UMP qui, en 2010, avaient refusé de l'élire au comité de circonscription de Brest-ville.

Fortuné Pellicano

Ne dites plus à Pellicano qu'il est «de droite», vous le fâcheriez. «Du centre», à la limite... Écarté de l'UMP avant les municipales de 2008 et élu sur une liste dissidente constituée autour de lui, l'ancien «proche de Sarkozy», gérant de société, fustige désormais la politique conduite au sommet de l'État. Son grand plaisir, dorénavant: tacler ses concurrents de l'opposition lors des conseils. Il a annoncé, dès mars2011, sa candidature aux législatives de 2012 sur Brest-ville.
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2 réactions

  • mamounet
    A hurler de rire
    Il fallait bien un article pour apprendre que Prunier bosse .....80h par semaine ! Pourquoi pas plus, avec tout le travail qu'il abat... ? C'est tout de même un scoop auquel on ne s'attend pas. Merci au Télégramme de nous donner la primeure. Certain disent que cet article met en évidence les handicaps et les défauts de la droite brestoise : ben oui, le gros défaut et le gros handicap de la droite brestoise, il est en photo. Peut-être qu'un jour la droite "la plus bête du monde" s'en rendra compte... Et peut-être pas. D'ici là, la gauche brestoise peut dormir sur ses 2 oreilles, très sereinement.
    Ajouté le 21 février 2012 à 17h22
  • mamounet
    à hurler de rire !
    Prunier travaille .....80h par semaine ????? C'est franchement à hurler de rire ! Autant dire 168h alors ^^ S'il travaillait, ça se saurait ! Mais plus c'est gros, plus ça passe ! Certain disent que cet article n'est pas bon car il met en évidence les handicaps et les défauts de la droite brestoise : ben oui, le gros défaut et le gros handicap de la droite brestoise, c'est Prunier, et son ambition déplacée. Peut-être qu'un jour la droite la plus bête du monde s'en rendra compte... Et peut-être pas. D'ici là, la gauche brestoise peut dormir sur ses 2 oreilles, très sereinement.
    Ajouté le 21 février 2012 à 15h51

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