6 février 2012
Au terme d'un suspense insoutenable, Thérèse Thiéry a décidé que «non finalement, elle préférait s'investir dans sa ville plutôt que de se lancer à l'assaut de la circonscription». Le buzz de la précampagne dans la 5e, entretenu avec soin par le maire de Lanester, a donc fait pschitt. Ce duel à gauche entre deux «proches» de Jean-Yves Le Drian n'aura donc pas lieu. Tant pis pour la campagne qui tenait là un match dans le match. Le rapport de force était-il inégal? Sans doute, a jugé l'élue lanestérienne qui est donc rentrée (sous conditions?) dans le rang. Conséquence, Gwendal Rouillard, déjà seul en lice aux primaires, voit l'horizon se dégager un peu plus. Le jeune député, aux affaires depuis le printemps dernier, tient là une occasion en or de légitimer sa candidature et sa fonction. «Je suis serein mais prudent», dit le patron de la fédération socialiste du Morbihan. Il peut l'être assurément sur une terre d'élection qui a validé les deux derniers tickets de Jean-Yves LeDrian (2002) et de Françoise Olivier-Coupeau (2007). Voilà pour le contexte électoral qui pourrait même virer outrageusement en faveur du député «hollandais» en cas de victoire socialiste à la présidentielle.
Brigitte Mélin en outsider pour l'UMP
À l?UMP, on endosse volontiers le costume de challenger. Mais non sans ambition comme l'avait déclaré Gérard Lorgeoux. Lors de la visite de Jean-François Coppé à Vannes, en juin2011, le patron de l'UMP avait proclamé que la circonscription de Lorient était «l'objectif prioritaire du parti présidentiel». Qui pour relever ce pari? Comme en 2007, cette mission reviendra à une femme. Brigitte Mélin, investie par l'UMP, tentera de faire mieux que Maria Colas, sèchement battue au second tour. Pragmatique, l'adjointe de Larmor-Plage reconnaît qu' «elle n'est pas donnée gagnante. Le travail de terrain ne fait que commencer. Mais j'y crois», dit celle qui verrait sa cote grimper en cas de victoire de son camp à la présidentielle. «La campagne sera digne, annonce Brigitte Mélin. Je respecte tous les candidats, à commencer par Gwendal Rouillard». Dans le camp des centristes, la candidature UMP a suscité peu d?allant. Jean LeBot, déjà candidat en 2007 (Parti radical), pourrait bien repartir pour un tour. L'élu d'opposition lorientais le ferait pour «rendre service au parti». Mais tout n'est pas encore joué. Des arbitrages sont toujours en cours. Fabrice Loher (Modem), échaudé par son score de 2007, avance à pas comptés. «Je me déciderai après la présidentielle», prévient le chef de file de l'opposition lorientaise. Laissant ainsi entendre qu'une victoire socialiste ou un score mitigé de François Bayrou annulerait toutes velléités d'un candidat qui ne prendrait pas le risque d'affronter les urnes avant les municipales de 2014. Son objectif prioritaire.
Le Front National en embuscade?
De l'autre côté de l'échiquier, Yann Syz sera encore du rendez-vous pour l'UDB. L'élu lorientais, promoteur d'un renforcement des régions, tentera de faire mieux qu'en 2007 (1,45%). Mais il ne fait pas de mystère sur son ralliement au candidat de gauche au second tour. Tout comme Jean-Paul Aucher, investi de justesse par ses pairs, et qui défendra les couleurs d'Europe écologie Les Verts. «Sans doute pour la dernière fois», dit l'élu de la majorité lorientaise, crédité de 3,94% en 2007. Joël Gallais défendra, quant à lui, les couleurs du Front de Gauche. Reste la candidate du Front National, invitée surprise, en mars2011, au second tour des cantonales de Lorient Nord. Joëlle Bergeron, sans faire campagne et sur le seul nom de Marine Le Pen, peut-elle à nouveau brouiller les cartes? Sans augmenter la base de son électorat, l'élue frontiste avait tiré parti des divisions à droite. Mais Gwendal Rouillard ne cache pas «entrevoir des signes d'une montée du vote FN». En 2007, Daniel Bergeron avait obtenu 2,61% des voix. Pour l'heure, six candidats se sont déclarés. En 2007, 16 candidats étaient en lice.

22 mai 2012 à 11h07 - 9 réaction(s)