Auray. Les désillusions d'un jeune pêcheur
Il a de l'eau salée dans les veines, et il ne feint pas l'amour de son métier. Son ancien métier, plutôt, puisque Julien, marin-pêcheur, a décidé d'abandonner la mer. Sa dernière fiche de paye, 30 EUR...
Il a 24 ans, il habite le pays d'Auray. Il y a quelques jours encore, il était marin pêcheur, sur un petit côtier. Pour Julien, prénom d'emprunt, qui tient à rester anonyme, «la pêche je crois que c'est fini». Pas besoin de longs discours. Trois dernières fiches de paye parlent d'elles-mêmes. 292,95 € en novembre, 180,92 € en décembre... Et en janvier, 30,56 €. «30€, je fais quoi avec ça? Ça paye tout juste la note de téléphone...». Julien reçoit dans ses cartons. «Je déménage, 520 € de loyer je peux plus, je retourne chez mes parents».
L'histoire de Julien, c'est aussi le portrait d'une filière pêche qui souffre depuis quelques années. «J'ai toujours aimé la mer. Un jour j'ai embarqué, pour voir. Ça m'a plu». Il avait 17 ans. Suivent un CAP matelot, et un embarquement sur un côtier, «pour des marées à la semaine. Là je gagnais bien ma vie». Pour continuer de se former, il s'inscrit, en janvier2011, au brevet de Capitaine 200, à Etel. «Six mois d'école. La formation était payée par la Région, mais je ne touchais que 450 € d'indemnité par mois. J'ai donc vécu sur ce que j'avais mis de côté».
Dureté du métier
Juin, de nouveau route pêche. «Mais ça n'a pas duré. Trois mois en fait, le patron a vendu son bateau. Il avait raison, il était temps de le vendre, c'est un bateau qui avait au moins quinze ans». Ici comme ailleurs, la flottille vieillit. Julien trouve alors un nouvel embarquement, début novembre. «Un petit côtier, à la journée. C'était vraiment dur». Départ 4h, avant l'aube, retour 18h30, quand la nuit est tombée... Dans le froid, l'humidité, chahuté par la mer d'automne. «Tout ça pour 30 €. Qui voudrait de ça? Franchement, j'aime ce métier, mais là je peux pas continuer».
Cours et gasoil
Comment est-ce possible, 30 € de rémunération? Plusieurs raisons l'expliquent. L'absence de salaire minimum, d'abord. Le partage des frais (gasoil, mécanique) et des gains du bateau, ensuite, qui se fait à la part, décroissante selon que l'on soit patron où simple matelot. Deux paramètres économiques, surtout, viennent frapper la filière pêche de plein fouet, la hausse du carburant et la chute des cours.
«Aujourd'hui, le gasoil pêche est à 0,70 € du litre», quand le seuil de rentabilité se situe sous les 0.40 €. Pour le bateau de Julien, «qui pêche bien, avec un bon patron», la vente a rapporté 3.400 € nets en janvier. Mais les frais se sont élevés à 2.100 €. Le calcul est vite fait. Car les cours ne décollent pas. «Je comprends plus, les prix sont au plus bas à la criée, alors que les gens paient cher le poisson à l'étal, on ne sait pas où ça part». «Vraiment, je doute de l'avenir du métier. Ça me passionne vraiment, mais ça peut plus durer. Et puis j'ai pas l'impression que l'État fasse grand-chose pour nous tirer de là. Il n'y a qu'à regarder les ports. Y en a que pour la voile, il n'y a plus de bateaux de pêche». L'heure est à «la reconversion. J'aime la mer, il y a des tas de choses à faire. Je verrai bien». Julien sourit quand même, avant de retourner à ses cartons, comme on range un pan de sa vie.
13 réactions
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yanka
situation dramatique
faire autant d heures pour gagner si peut comment peut ont accepter sela???????
la peche BRETONE se meurt les petites cotier ont du mal a survive mes sertains armements sans mettent plain les poches au detriment des jeunes pecheures tous quiter,tous a bandoner a cette age la c est difficile.messieurs les politiciens qui etre en plaine campagne politique faites en sorte que nos pecheres ne meurt pas!!!!
le poisson est arriver plus chere que la viande comment ce fait il que les petits pecheurs soit si mal payer malgrer que sa ne soit pas une generaliter!!!!
nous souhaiton a se jeune homme de retrouver du travail dans se metier qu il aime tant ???
bon courage a lui ainsi qu a sa famille
BRETONNE de naissance et euxilee a paris j apprecie ma chere BRETAGNE et ses petits ports
BON COURAGE
Ajouté le 20 février 2012 à 22h29
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mariane
A-t-on mis le doigt sur quelquechose depas très nette ?
Dans cet article, ce jeune pêcheur n'est nullement cité ni son employeur qui s'est apparemment reconnu !!!
Cet article doit déranger quelque part dans les hautes instances pour que cela fasse autant de bruit !!!!
Monsieur Le Président du Comité local des Pêches faites en sorte que cette histoire se calme et que ce jeune homme retrouve la paix et l'envie de continuer un métier qu'il aimait par dessus tout !
Nous savons tous que la filière pêche a beaucoup de mal à survivre ( charges, prix du gas oil etc...) mais de là à travailler pour rien et d'être obligé de tout abandonner, il y a une énorme marge quand même !
Je trouve cette situation honteuse, tout le monde a du mal à vivre avec un minima social mais 30EUR ...j'espère que le Ministre de la Pêche sera au courant de cette situation et qu'un patron pêcheur honnête voudra bien donner du travail à ce jeune !!!
Il n'a fait qu'alerter des difficultés des pêcheurs!
Messieurs les Conseillers généraux, Députés et autres poilitiques à vous d'aider cette filière qui est très en difficulté !!
Et surtout bon courage à ce jeune homme que nous soutenons de tout notre coeur !
Ajouté le 17 février 2012 à 18h57
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felgasp
gazoil
0,75 le litre a cherbourg si ca continue de grimper,autant rester a quai, que d'aller en mer pour payer le gazoil.
Ajouté le 17 février 2012 à 10h59
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dams293
chuuuut !!!!!!!
La pêche française meurt dans un silence assourdissant .
Et pendant ce temps la certains se font photographier avec un beau fond de mer (Pour faire joli).
Ajouté le 17 février 2012 à 09h53
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jplagruse
Un grand coup de balai s'impose !
Quand on voit le prix du poisson à l'étal et qu'on le compare à la misère que ce jeune peut gagner, on se dit que dans cette filière aussi il faudra un nettoyage complet. Une fois NS dégagé, il faudra que ce nouveau gouvernement de Gauche se penche sérieusement et rapidement sur le problème. Il est hors de question de laisser ceux qui restent à terre s'en mettre plein les poches pendant que les marins pêcheurs triment et risquent leur peau pour presque rien ! Le circuit de distribution doit être revu quitte à en finir avec les mareyeurs qui font du lard sur le dos des pêcheurs, le gas oil doit être subventionné et un salaire minimum instauré dans la profession, le coût engendré nécessitera de ponctionner l'argent dans les poches des profiteurs de la mer et Dieu sait s'il y en a ! Pas d'état d'âme si l'on veut garder des marins pêcheurs en France. Quand au panga, le jour ou j'en ai donné à mon chat ce dernier a écrit à la SPA pour se plaindre de mauvais traitement.... Pescado pasaran !
Ajouté le 17 février 2012 à 16h27
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RDI
Certes...
C'est le métier le plus dur.... mais certains gagnent très bien leur vie . Cette histoire me fait pitié,mais si ce gars adore son métier , qu'il change de bateau. Cà ne peut pas etre pire. Accroche toi.
La peche se meure ,peut-etre, mais allez voir dans un port tout près de Brest, et là je peux vous dire que beaucoup ne se plaignent pas ou alors pour la forme. Ce ne sont plus des maisons qu'ils( les patrons) construisent, mais des chateaux,et ont le train de vie qui va avec , tout en ne généralisant pas évidemment.
Quand à la vente direct sur les marchés par exemple,c'est bien ,mais l'envers du décor, ce sont les poissonneries qui ferment les unes après les autres.Environ 10 euros le droit de place sur un marché pour un pecheur, comment un poissonnier assujeti à toutes les charges du commerce , plus les normes d'hygiène et de traçabilité peut s'en sortir ?
Il y a des bons patrons , des bons matelots, mais c'est comme tous les métiers ,il y en a aussi des mauvais , certains réussisent, d'autres pas.
Ajouté le 17 février 2012 à 18h44
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diogène 29
@mariane mais non!
Tout est correct, tout est légal mais le "bradage" du métier, ou plutôt l'ouverture à outrance à nos collègues Espagnols de nos zones de pêche (qui peut s'expliquer pour des raisons politques), le retour à la pêche des marins de commerce largement indemniser par des armateurs qui remplaçaient leur équipage par des "sous hommes" du tiers monde.
Dans qu'elle profession serait il possible que des ouvreirs soient représentés par leurs patrons, sinon à la pêche.
Dans qu'elle profession le fait d'adhérer à un syndicat indépendant conduit inévitablement à une mise hors circuit dans la profession, avec, sinon la complicité, du moins l'aval de l'administration.
Certes d'aucuns se sont fait des "couilles en or", à la pêche, mais au détriment de qui???
Ajouté le 17 février 2012 à 21h27
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diogène 29
Loin des discours lénifiant
des responsables de la filière :
On cherche du monde (forcément, pas de droit au chômage).
Salaires attractifs (la preuve).
Conditions de travail réévaluees (repos dix heures consécutives, tu parles charles).
Difficultés familiales, éloignement, fatigue, budget ingérable, intérets d'emprunts surévalués, suivi social quasi inexistant, relation avec les enfants et enseignants......
Frais de mutuelle surévalués (pour ceux qui peuvent s'en payer une.
L'eau est certes salée, mais les factures et les larmes aussi.
Dommage, c'était un beau métier.
Ajouté le 17 février 2012 à 11h32
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davane
c'est chére
et pourquoi nous nous payons le poisson une fortune ??? mais à qui va l'argent, surement pas aux pecheurs....
Parcontre nous avons du panga pas chere dans les etals de nos supermarchés à un prix defiant toute concurrence... C'est le la M***** comme dirait monsieur COFFE!!!
Ajouté le 17 février 2012 à 11h38
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Jojo p
30 euros ? ...
c est vrai que la peche est finie mais il y a longtemps ...je suis une famille de pecheur ligneur des années 1980 et j adore la peche moi aussimais impossible de le faire car c est ouvert la porte aux huissiers ...
il ne faut pas oublier que la peche c est le metier le plus dangeureux des metiers et gagner 30 euros par mois ? c est plutot le salaire de sakozy qui devrait l avoir ....
Ajouté le 17 février 2012 à 09h57
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belenus
Dramatique évidence !
la pêche française se meurt doucement pour satisfaire une Union européenne qui cède aux pressions de puissants lobby qui ne sont hélas pas français, et malgré nos superbes côtes et ports nous ne verrons plus de bateaux de pêche en Atlantique et Manche avant 15 ans :notre patrimoine naturel fout le camps et l'Europe nous saborde pour satisfaire d'autres puissances......RESISTONS !!!
Ajouté le 17 février 2012 à 10h46
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trident
Survivre.
La situation de ce pêcheur doit alerter tous ceux qui aiment et respectent la mer.
Ces laboureurs, sont l'âme de la Bretagne, autant que les vrais agriculteurs...en voie de disparition eux aussi.
La rentabilité ne doit pas condamner ceux qui peinent à survivre. C'est choquant.
Vendre sur le quai, ne fera pas chuter les poissonneries des villes.
Voir quelques badauds attendre l'arrivée du canot, crée du véritable lien social.
Voir du beau poisson frais est tonifiant; on a une furieuse envie d'acheter.
Voyez les langoustines au Guilvinec.
De plus, ces petits pêcheurs côtiers respectent les tailles, les périodes de frai et assurent la survie des espèces. Ils sont les bienfaiteurs de notre mer à tous.
Il faut les aider, comme on aide largement des professions plus discutables.
Celui qui a le courage d'affronter la mer, a droit à notre respect.
Ajouté le 17 février 2012 à 21h29
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trident
Petits cotiers?
Les pêcheurs côtiers font partie de l'identité bretonne. N'est-il pas possible de les aider à vendre leur pêche directement vers le consommateur, en évitant les circuits commerciaux que se repaissent de leur travail très pénible? Nos chers élus vont-ils, une fois de plus, se contenter de bavasser, bien au chaud, devant les caméras?
Ajouté le 17 février 2012 à 10h26
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