Parrainages. Le «non» l'emporte
Ils sont très sollicités, les maires du pays d'Auray, àl'approche du dépôt des candidatures de la présidentielle. Mais la majorité d'entre eux refusent de donner leur signature.
La tendance est forte et même ceux qui parrainaient en 2007 s'abstiennent cette fois. Malgré les nombreuses sollicitations, ils sont nombreux à avoir refusé de parrainer un candidat, pour plusieurs raisons. Il y a ceux qui avancent la pluralité des opinions représentées au sein de leur conseil. Comme à Hoedic, où André Blanchet estime que «ça ne devrait pas exister, ce système, ou alors de façon anonyme. Dans les petites communes de toute façon, on ne travaille pas politiquement». À Saint-Philibert, Didier Robic justifie son refus: «J'ai toujours dit que je ne donnerai mon parrainage à personne. J'aurais pu, par provocation, donner ma signature à Cantona ou à un candidat de ce style, pour être en marge avec l'actuel débat politique. Ici la liste est apolitique. Je dois respecter la position des uns et des autres». ÀCrac'h, Jean-Loïc Bonnemains est formel: «Je suis maire de toute la commune, pas d'une partie».
Une publicité qui inquiète
Deuxième problème, la publicité des parrainages. Si Gérard Pierre, àPlouharnel, estime que «le parrainage empêche des candidatures fantaisistes», il juge aussi que «la problématique est plus sur la publication des noms, car beaucoup d'élus locaux ont fait leur parcours sans étiquette politique et c'est une bonne chose». Même écho au Bono. «Lors de mon deuxième mandat il y a eu un quiproquo: je me suis retrouvé dans un comité de soutien au candidat PS alors que j'avais seulement dit que j'avais le coeur à gauche. Mais afin de respecter la pluralité de mon conseil municipal j'ai décidé de ne pas parrainer», explique Bernard Le Scoarnec.
Désabusés et las
Il y a aussi les désabusés, qui témoignent d'une certaine fracture entre les élus nationaux et les élus locaux. ÀQuiberon, Jean-Michel Belz ne veut pas entendre parler de parrainages: «Je n'aime pas cette façon de faire, je trouve que les politiques se foutent de nous. Moi je m'occupe de ma commune, c'est tout. Quand je vois l'attitude de Christine Boutin, qui promet une "bombe atomique" et qui finalement se range derrière le président sortant... Ce n'est pas étonnant, après, que les gens n'aient plus confiance». À Locmariaquer, Michel Jeannot «ne parraine jamais. Ils sont contents de nous trouver, mais quand on a besoin d'eux, il n'y a plus personne, on nous oublie vite. Enfin, si, on les reverra dans cinq ans!». Il y a aussi ceux qui sont las des multiples sollicitations. «Ça n'arrête pas, on est tellement sollicités que ça en devient lourd. Et finalement, ça a l'effet inverse», soupire Jean-Jacques Merour, à Pluneret.
Consensus pour une réforme
Et puis, il y a ceux qui sont pour. Comme Geneviève Marchand, àSaint-Pierre-Quiberon, qui est «tout à fait d'accord pour les 500signatures, ce qui a été institué pour éviter pléthore de candidats. La démocratie est une chose trop sérieuse pour la brader». Yves Normand, à LaTrinité, estime que «ça marche très bien depuis des années, c'est un système qui a fait ses preuves». «Ça a du sens, estime enfin Frédéric Le Gars, maire du Palais. Si le FN peine, peut-être qu'il faut qu'il se pose des questions. Peut-être qu'il y a un problème de contenu?» Reste qu'une majorité se dégage pour une réforme du système actuel. «Il faut l'améliorer, juge Michel Le Scouarnec, maire d'Auray. L'objectif est de trouver un système plus juste tout en limitant malgré tout le nombre de candidatures». Reste à trouver la recette idéale de cette complexe alchimie électorale.
Ils ne parrainent pas
BELZ.
Bruno Goasmat
, «élu sans étiquette politique avec une liste où il y a des gens de droite et de gauche», ne donnera aucune signature.
CAMORS.
Bernadette Desjardins
ne
parraine personne, «même si je soutiens François Hollande, mais je crois qu'il n'a pas besoin de moi». Par le passé, elle avait donné sa signature à Pierre Rabhi, qui n'avait finalement pas pu se présenter.
CRAC'H.
Jean-Loïc Bonnemains
ne donnera pas son parrainage, comme en 2007.
ERDEVEN.
Françoise Le Jossec
, premier mandat, «apolitique», ne donnera aucun parrainage.
ÉTEL.
Jo Nigen
, comme en 2007, n'envisage aucun parrainage, «un engagement que j'ai pris en 2008 vis-à-vis de mes colistiers de ne pas afficher mes idées politiques».
HOEDIC.
André Blanchet
ne parrainera personne.
LANDÉVANT.
Jean-François Le Neillon
,
comme en 2007, ne parrainera personne, au nom de la pluralité de l'équipe municipale.
LE BONO.
Bernard Le Scoarnec
a décidé de ne pas parrainer pour respecter la pluralité de son conseil municipal.
LE PALAIS.
Frédéric Le Gars
, conformément à l'avis du conseil municipal, ne parrainera personne.
LOCMARIAQUER.
Michel Jeannot
ne parrainera personne, comme en 2007.
LOCOAL-MENDON.
Louis Hervé
, comme en 2007, ne parrainera aucun candidat, «car on forme une équipe avec des sensibilités différentes».
PLOEMEL.
Gildas Belz n'a pas l'intention de parrainer. En 2007, il avait donné sa signature à «un candidat qui n'avait pas réussi à atteindre les 500». Plougoumelen. Olivier Coulon
ne donnera pas son parrainage. Il n'était pas maire en 2007.
PLUMERGAT.
Michel Jalu,
comme en 2007, a décidé de ne parrainer personne: «Je considère que si on parraine quelqu'un, c'est qu'on a de la sympathie pour lui. Moi, j'ai constitué une liste apolitique et je n'affiche pas spécialement mes idées».
PLUNERET.
Jean-Jacques Merour
n'accordera pas de parrainage cette année, alors qu'il l'avait fait pour Ségolène Royal en 2007.
QUIBERON.
Jean-Michel Belz
avait donné son parrainage à François Bayrou en 2007. Cette année, il ne parrainera personne.
SAINT-PHILIBERT.
Didier Robic
ne donnera pas son parrainage. Il n'était pas maire en 2007.
Ils parrainent
AURAY.
Michel Le Scouarnec
, qui en 2007 avait parrainé Marie-Georges Buffet, soutient cette fois Jean-Luc Mélenchon.
PLUVIGNER.
Guigner Le Hénanff
a donné son parrainage à Corinne Lepage, «ça a été décidé à l'issue d'une réunion entre les adjoints». En 2007, il avait soutenu François Bayrou.
SAINT-PIERRE-QUIBERON.
Geneviève Marchand a donné sa promesse de parrainage à François Hollande. En 2007, elle l'avait accordée à Ségolène Royal.
Ils hésitent encore
BANGOR.
Pierre-Yves Désard
, qui avait parrainé François Bayrou en 2007, réserve encore sa décision.
BREC'H.
Paul Baudic
n'a pas encore donné de parrainage. En 2007, il avait accordé sa signature à Ségolène Royal.
HOUAT.
Luc Le Gurun
, dont c'est le premier mandat, n'a pas encore pris de décision.
LATRINITÉ.
Yves Normand n'a pas pris de décision. «Quand je la prendrai, je la prendrai seul. C'est le maire qui est sollicité, pas le conseil municipal».
LANDAUL.
Yvon Sénéchal
,
qui affirme ne pas avoir été sollicité ces derniers temps, ne sait pas encore s'il parrainera un candidat. En 2007, il n'avait parrainé personne.
LOCMARIA.
Jean-Yves Bannet indique avoir été sollicité sans souhaiter faire de commentaires.
PLOUHARNEL.
Gérard Pierre n'a pas pris de décision. En 2007, il avait parrainé, mais «mon nom n'avait pas été publié, cela peut donc rester sous silence».
SAINTE-ANNE-D'AURAY.
Roland Gastine, qui n'a pas encore donné de parrainage, «hésite encore entre deux noms».
SAUZON.
Norbert Naudin se donne encore un délai: «La campagne commence, je vais écouter les différents candidats, la porte n'est pas fermée».
Malgré nos sollicitations, le maire de Carnac, Jacques Bruneau, n'a pu être joint.
1 réaction
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jplagruse
Une élection Présidentielle c'est quand même pas miss France
Pour ne pas décrédibiliser notre système politique il est important que les candidats ne soient pas des "charlots" et qu'il n'y en ait pas pléthore. Le parrainage est un outil efficace et un bon filtre, il doit perdurer !
Si certains, dont MLP, hurlent au loup il serait peut être bon qu'ils se remettent en question au préalable. La France est un pays démocratique, sa devise est : Liberté, Egalité, Fraternité, alors il est probable que les refus de parrainage sanctionnent purement et simplement le non respect de certaines de ces valeurs par les prétendants.
No pasaran !
Ajouté le 18 février 2012 à 12h55
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